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Population, société estonienne et integration


D’après le recensement de 2012, l’Estonie compte 1,294 million d’habitants. Parmi les résidents permanents recensés, 68,7% se considèrent comme des Estoniens, 24,8% comme des Russes et 4,9% comme d’origine d'une autre ethnique. 


Histoire
La composition actuelle de la population estonienne est un héritage de l’histoire mouvementée du pays. Avant la Seconde Guerre mondiale, les minorités nationales représentaient près de 12% de la population. En 1934, les minorités les plus importantes étaient les Russes, Allemands, Suédois, Lettons et Juifs. La Seconde Guerre mondiale modifia considérablement la composition de la population. Avant et pendant la guerre, la quasi-totalité des minorités germano-balte et suédoise quittèrent l’Estonie. En même temps, des dizaines de milliers d’Estoniens se réfugièrent à l’Ouest et plus de 30 000 personnes furent déportées en Sibérie par les autorités soviétiques.

Aujourd’hui, la partie de la population dont la langue maternelle n’est pas estonien est composée principalement des personnes arrivées pendant l’occupation soviétique, et de leurs descendants. Des personnes venues des quatre coins de l’Union soviétique s’installèrent en Estonie dans le cadre de la politique de déplacement de populations. L'objectif était d’accroître la part des russophones, considérés comme politiquement loyaux au régime soviétique et donc leur intégration n’était pas le but de l’État soviétique. Au contraire, c'étaient des Estoniens qui devaient s’intégrer à la société soviétique russophone. L’intégration des russophones a également été freinée par le fait que ceux derniers se concentrairent généralement dans quelques régions du pays.

L’Estonie a rétabli son indépendance en 1991. Le recensement de 1989 a révélé les conséquences de la politique soviétique : les personnes d’origine ethnique estonienne ne représentaient plus que 61% de la population. Il était clair pour la jeune république qu'elle se trouvait devant un défi sans précédent en Europe.


Naturalisation et enseignement de la langue estonienne
L’Estonie a rétabli son indépendance en 1991 sur la base de la continuité de l’État. De ce fait, tous les résidents n’obtinrent pas automatiquement la citoyenneté estonienne. Seules les personnes nées dans la république d’Estonie avant le 16 juin 1940 (début de l’occupation de l’Estonie par l’Union soviétique) ainsi que leurs descendants furent considérés comme citoyens (environ deux tiers des résidents). Après la chute de l’Union soviétique, les citoyens soviétiques qui s’étaient installées en Estonie entre 1940 et 1991 (environ un tiers des résidents) purent soit choisir la citoyenneté de la Fédération de Russie, l’État successeur de l’Union soviétique (ou d’un autre État de la CEI), soit obtenir la citoyenneté estonienne par naturalisation. Certaines personnes ne demandèrent ni la citoyenneté estonienne ni celle d’un autre État et continuèrent à vivre sur le territoire estonien avec le statut de résident permanent apatride.

Après 1991, la priorité des autorités estoniennes fut de déterminer le statut juridique de la population russophone. Au début des années 1990, les critères et les procédures de naturalisation ainsi que le système de permis de séjour pour les apatrides furent élaborés de manière à garantir les droits élémentaires de chaque résident de la république d’Estonie. Chacun devait pouvoir posséder un titre de voyage et avoir accès aux services sociaux. La naturalisation était conditionnée par la connaissance de la langue estonienne et l’enseignement de l’estonien fut par conséquent organisé aussi bien pour les adultes que pour les enfants. Durant la première décennie de l’indépendance de l’Estonie, les mots clés de la politique d’intégration étaient ainsi naturalisation et enseignement de l’estonien. Le premier programme d’intégration pour les années 2000-2007 qui mettait justement l’accent sur ces points, s’est avéré être une réussite.  

Actuellement, la composition de la population du pays est la suivante : 84% d’Estoniens, 7% de Russes, 7% d’apatrides et 2% de citoyens d’autres pays. Le taux d'apatrides (32% au début des années 90) a chuté à 7%.


Intégration en Estonie : un processus en bonne voie, mais pas encore achevé
Depuis les années 1990, l’intégration est l’une des priorités de la République d'Estonie. Elle est considérée comme un processus à deux sens qui nécessite des efforts de la part de la majorité comme de la minorité.
Le gouvernement estonien a pris un certain nombre de mesures significatives pour faire avancer le processus d’intégration.

En 1998, la Fondation pour l’intégration a été créée, chargée de soutenir des actions et des projets en faveur de l’intégration.

En 2000, le gouvernement a adopté le programme national « Intégration dans la société estonienne 2000-2007 ». Il s’agit d’un cadre et d’un guide pour la mise en œuvre de la politique d’intégration par des institutions gouvernementales.

En 2008, le gouvernement a adopté un nouveau programme national « Intégration dans la société estonienne 2008-2013 ». Le 30 juin 2011, le gouvernement a adopté le plan d’action pour le programme 2011-2013.

En mars 2012 les résultats de l’étude « Suivi de l’intégration 2011 » ont été publiés. Ils serviront de base pour l’élaboration du nouveau programme national 2014-2020. L’étude a été commandée par le ministère de la Culture et réalisée par le Centre d’études politiques PRAXIS, l’Université de Tartu et l’institut de sondage EMOR.

Les principaux résultats de l’étude sont les suivants :

61% des résidents non-estoniens se considèrent comme moyennement, fortement ou complètement intégrés. La maîtrise de la langue estonienne ainsi que la demande pour un enseignement de base en langue estonienne ont augmenté de façon importante. Une personne interrogée sur trois avait une maîtrise active de l’estonien; une personne sur deux une maîtrise passive et seuls 16% n’en avaient aucune connaissance. Parmi les personnes interrogées, 80% considérent que l’enseignement de la langue estonienne doit commencer à l'école maternelle et deux tiers souhaitent que l’estonien soit la langue employée dans toutes les écoles maternelles.

La tolérance des natifs s’accroît. L’intégration est un processus à deux sens et l’une des clés de son succès est la tolérance croissante des Estoniens. Parmi les Estoniens, 70% ont la conviction que la participation des non-Estoniens à l’économie et à la gouvernance du pays est bénéfique pour l’Estonie.

Le groupe concerné par l’intégration n’est plus homogène. Une étude a permis de distinguer parmi les non-estoniens les groupes suivants : a) les personnes ayant réussi leur intégration linguistique et identitaire (21%) ; b) les patriotes estoniens de langue russe, pas très à l’aise en estonien mais ayant un fort sentiment d’appartenance (16%) ; les critiques estonophones, parlant couramment estonien mais sans sentiment fort d’appartenance (13%) ; d) les personnes moyennement ou peu intégrées, le plus souvent apatrides et ayant une faible maîtrise de l’estonien (28%) ; e) les personnes non intégrées, principalement des personnes âgées et de nationalité russe (22%). Vu ces résultats, le gouvernement estonien ne peut plus considérer les personnes à intégrer comme un groupe homogène. La future politique d’intégration devrait adopter une approche plus différenciée selon les groupes mentionnés ci-dessus et impliquer les groupes complètement intégrés pour toucher les moins intégrés.


En bref
En 1991, l’intégration des non-Estoniens dans la société estonienne ressemblait à un test pour la République tout juste libérée. Aujourd’hui, c’est un processus en marche vers une issue positive. Si l’on considère le nombre de personnes à intégrer, les circonstances de leur arrivée et la politique anti-intégrationniste de la Russie, il apparaît qu’une entreprise massive et unique à l’échelle européenne voire mondiale a été menée. Et cette entreprise donne aujourd’hui des signes clairs de réussite.


Liens utiles :

Ministère estonien de la Culture :
étude sur l'intégration 2015

Fondation pour l’intégration et les migrations :
http://www.meis.ee/first-page

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